Cloé, saisonnière en hôtellerie

« J’ai toujours eu un lien fort avec la montagne : les vacances d’été à Tignes, les hivers à skier dans différentes stations… Après l’obtention de mon diplôme de fleuriste, j’ai eu envie de tenter une saison d’hiver, sans trop savoir où cela me mènerait. Le hasard a bien fait les choses : un établissement avalin m’a proposé un poste, et m’a donné ma chance malgré mon manque d’expérience dans le domaine de l’hôtellerie. À 20 ans, j’ai commencé comme femme de chambre. Ce fut un vrai coup de cœur. J’ai adoré l’ambiance, la vie de village, les rencontres. C’est une station qui vit, été comme hiver, et qui offre de vraies opportunités.
Aujourd’hui, après plusieurs saisons, j’ai gravi les échelons et je suis gouvernante générale. Le rythme est intense, mais il me convient. On vit à mille à l’heure, entre le travail, la colocation, les sorties, le ski… C’est une vie pleine, riche, parfois fatigante, mais toujours stimulante. Je me donne à fond et réalise beaucoup d’heures supplémentaires. Quand la saison se termine, je « suis en vacances » pendant plusieurs semaines certes, mais je prends surtout le temps nécessaire pour me reposer et récupérer de ce travail qui est à la fois épuisant physiquement et mentalement.
Bien sûr, il y a des sacrifices : pas de logement personnel, pas de « chez-soi », une valise toujours prête, une certaine instabilité. Le coût de l’alimentation en station est exorbitant, et faire les courses peut devenir une expédition, surtout sans voiture. Mais ici, je gagne mieux ma vie qu’en bas et cela me permet de mettre de l’argent de côté pour de futurs projets professionnels. Je ne sais pas encore combien de temps je resterai, mais pour l’instant, Val d’Isère reste mon point d’ancrage, ma région de cœur. »