Val d’Histoire : un nouveau musée pour Val d’Isère

Le musée Val d’Histoire entame une seconde vie au sein de la Maison de Val*, porté par l’association éponyme et la mairie. Retour sur la mue de ce lieu culturel qui retrace, à travers un parcours rythmé et ludique, l’épopée de Val d’Isère, avec Christèle Bonnevie, présidente de Val d’Histoire, et Jean-Charles Boraso, membre du bureau de l’association et élu avalin.

 

Qui est à l’origine du musée Val d’Histoire ?

Jean-Charles Boraso : Pim Geldof en est le fondateur. En 2011, il a contacté la mairie de Val d’Isère pour acquérir un local afin de présenter les photos, objets et autres documents relatifs à l’histoire du village et de la station, qu’il avait amassés au fil des années ou que ses amis lui avaient confiés. Son projet : fonder un musée. L’association Val d’Histoire a été créée pour l’accompagner.

 

Le musée s’est installé dans la maison Moris. Un édifice historique, emblématique de Val d’Isère ?

Jean-Charles Boraso : Oui, cette maison est effectivement la plus ancienne du village et nous étions ravis que le musée y prenne place. Il y a ouvert ses portes en décembre 2011. Après le décès de Pim en 2014, qui en était l’âme et l’animateur principal, le noyau dur de l’association, avec le soutien de la mairie, a décidé de reprendre le flambeau.

 

Avec la volonté de professionnaliser le musée existant ?

Christèle Bonnevie : Effectivement. Val d’Isère, grande station de montagne française, riche d’une histoire de plusieurs siècles, méritait d’avoir un espace patrimonial à sa dimension. Aujourd’hui, il est important pour une destination touristique d’envergure de diversifier son offre, notamment dans le domaine culturel. Le projet de transformer le musée en maison du patrimoine, capable d’attirer tous les publics, aussi bien les Avalins, que les vacanciers ou les scolaires, a été acté par l’association et la mairie en 2015.

 

Mais en le transférant dans un autre lieu. Pourquoi ?

Christèle Bonnevie : Le conseil municipal a trouvé plus judicieux d’installer le nouveau Val d’Histoire au sein de la Maison de Val, le pôle multiculturel de la commune, très fréquenté, aussi bien des locaux que des vacanciers. C’était très cohérent. Par ailleurs, cela fait faire à la commune l’économie du loyer de la maison Moris qui appartient à des particuliers. Le montant de la location a pu être reporté sur le projet du nouveau musée, estimé à 115 000€ (vérifier montant).

 

Avant de déménager le musée, vous avez d’abord procédé à un vaste inventaire. Un travail  indispensable ?

Christèle Bonnevie : Absolument ! L’ancien musée relevait davantage de la grande réserve remplie de souvenirs de Val d’Isère, plutôt que d’un véritable espace muséographique ! Lorsque les représentants de la direction départementale du patrimoine à Chambéry sont venus à Val d’Isère établir un état des lieux, à la demande de l’association, ils nous ont conseillé d’inventorier toutes les pièces avant d’entreprendre quoi que ce soit !

 

C’est l’association qui a effectué cet inventaire ?

Christèle Bonnevie : Pas du tout ! Vu l’ampleur du travail et sa nature, il fallait des personnes qualifiées. La commune a recruté une étudiante en Master de patrimoine, épaulée par l’archiviste de la mairie, Noëlle Bardey. L’inventaire a duré trois mois, durant lesquels chaque pièce a été identifiée, numérotée et classée. Nous sommes arrivés à un total de 2800 pièces ! Un fonds important, appelé à s’enrichir, qui nous permet d’envisager des expositions temporaires et de renouveler le contenu de chaque espace du nouveau musée.

 

Le 80 m² dédiés au musée à la Maison sont-ils suffisants face à l’ampleur des collections ?

Jean-Charles Boraso : Au départ, à l’association, plusieurs d’entre nous étaient effectivement un peu dubitatifs. Mais, le but n’est pas de tout exposer ! Atemia, l’agence d’ingénierie touristique et événementielle, missionnée pour concevoir la muséographie et la scénographie du Val d’Histoire, a su parfaitement tirer partie de la configuration des lieux !

 

Comment ?

Christèle Bonnevie : En créant un astucieux cheminement à travers les collections, à l’aide de cloisons pour créer des espaces cohérents et thématiques. Ce système permet d’accroître la surface utile du musée en multipliant les possibilités d’accrochage mural. Les plus sceptiques ont été bluffés par le nouveau parcours de visite !

 

Est-il très différent de celui de l’ancien musée ?

Jean-Charles Boraso : Il a été conçu pour être emprunté en autonomie, grâce à une scénographie claire et ludique, un contenu rigoureusement sélectionné, avec des informations en français et en anglais, et le recours à différents dispositifs numériques. Ni l’association, ni la mairie ne pouvent dégager un budget pour salarier un médiateur. La solution du parcours libre est la bonne. Dans l’ancien musée, face à la caverne d’Ali Baba aménagée par Pim, la présence d’un bénévole était au  indispensable pour que le grand public s’y retrouve !

  • : ouverture programmée pour Noël.

ITW Sophie Chanaron
Actumontage